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Nicolas Bouvier

Nicolas Bouvier :
Voyages au Japon (1955-1970)

Centre d’art La Fenêtre, Montpellier, France, 11 avril – 30 mai 2015

Nicolas Bouvier (1929-1998) était un écrivain, photographe, iconographe et voyageur suisse, originaire de Genève. Son œuvre littéraire, traduite dans de nombreuses langues étrangères, est aujourd’hui considérée comme majeure, avec notamment L’usage du monde, publié à compte d’auteur en 1963, qui a contribué à redéfinir la littérature de voyage au 20e siècle et demeure une référence pour bon nombre de voyageurs et d’écrivains. Son style détaillé, poétique et imagé est né de sa contemplation lors de ses multiples pérégrinations à travers le monde.

C’est à Tokyo dans les années 50 que Nicolas Bouvier devient photographe pour «survivre», se prenant vite au jeu, captant tous les sujets de la culture populaire nippone. Portraitiste sensible, aujourd’hui encore plus célèbre pour ses textes que pour ses clichés, Nicolas Bouvier aura pourtant été autant un homme d’images que de mots, ce qu’il restera jusqu’à la fin de sa vie.

L’exposition « Voyages au Japon » relate de ses deux longs séjours (1955-56 et 1964-66). Une sélection de ses photographies en noir et blanc résonne en écho avec des extraits de ses textes au sujet du pays du Soleil Levant, parus dans Japon (1967), Chronique japonaise (1975) et Le vide et le plein (2004). Exposition inédite sur ce thème et dans ce format, elle a d’abord été créée en collaboration avec le Musée de l’Élysée de Lausanne pour le festival Kyotographie en 2013 puis présentée sur le stand du Japon au Salon du Livre à Genève en 2014 dans le cadre du 150e anniversaire des relations diplomatique entre la Suisse et le Japon et au festival Confrontations Photo à Gex.

Cette exposition a pour but de faire découvrir une œuvre photographique de qualité mais encore relativement méconnue et qui mérite de sortir de l’ombre pour être enfin appréciée à sa juste valeur. L’exposition invite au voyage à travers des images et des textes témoignant d’un Japon typique mais néanmoins révolu.

Remerciements au Musée de l’Elysée, Lausanne et à Eliane Bouvier.

Commissariat d’exposition : Christine Cibert

Commissariat adjoint : Alice Renault

Confrontations photo

Espace Perdtemps, Gex, Genève, Suisse, 3 – 5 octobre 2014

1) Pourriez-vous nous présenter Nicolas Bouvier, écrivain – photographe – voyageur

Nicolas Bouvier (1929-1998) était un écrivain, photographe, iconographe et voyageur suisse, originaire de Genève. Son œuvre littéraire, traduite dans de nombreuses langues étrangères, est aujourd’hui considérée comme majeure, avec notamment L’Usage du monde, publié à compte d’auteur en 1963, qui a contribué à redéfinir la littérature de voyage au 20e siècle et demeure une référence pour bon nombre de voyageurs et d’écrivains. Son style détaillé, poétique et imagé est né de sa contemplation lors de ses multiples pérégrinations à travers le monde.

C’est à Tokyo dans les années 50 que Nicolas Bouvier devient photographe pour « survivre », se prenant vite au jeu, captant tous les sujets de la culture populaire nippone. Portraitiste sensible, aujourd’hui encore plus célèbre pour ses textes que pour ses clichés, Nicolas Bouvier aura pourtant été autant un homme d’images que de mots, ce qu’il restera jusqu’à la fin de sa vie.

2) Pourriez-vous nous parler de l’exposition “Nicolas Bouvier – le Japon” ? (livre, genèse, contenu)

L’exposition « Nicolas Bouvier et le Japon » relate des deux longs séjours (1955-56 et 1964-66) du célèbre écrivain photographe voyageur genevois. Une sélection de ses photographies en noir et blanc résonnent en écho avec des extraits de ses textes au sujet du pays du Soleil Levant, parus dans Japon (1967), Chronique japonaise  (1975) et Le vide et le plein  (2004). Exposition inédite sur ce thème et dans ce format, elle a d’abord été créée en collaboration avec le Musée de l’Elysée de Lausanne pour le festival Kyotographie en 2013 puis présentée sur le stand du Japon au Salon du Livre à Genève en 2014 dans le cadre du 150ème anniversaire des relations diplomatique entre la Suisse et le Japon.

3) Qu’aimeriez-vous transmettre au public à travers cette exposition, en particulier aux centaines d’enfants qui passerons au festival des Confrontations Photo ?

Cette exposition a pour but de faire découvrir une œuvre photographique de qualité mais encore relativement méconnue et qui mérite de sortir de l’ombre pour être enfin appréciée à sa juste valeur. L’exposition invite au voyage à travers des images et des textes témoignant d’un Japon typique mais néanmoins révolu.

4) Qu’évoque pour vous l’idée de “confrontation photographique” ?

Une mise en regard, un échange de points de vues et d’expériences, un dialogue d’idées sur une moisson d’images, différente à chaque édition.

Christine Cibert

Le Japon d’Eliane et
Nicolas Bouvier

Salon du livre de Genève, Suisse, 30 avril – 4 mai 2014

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Le Japon mystifiant de Nicolas Bouvier

Kyotographie Photo Festival, Entoku-in, Kyoto, Japon, 13 avril – 6 mai 2013

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Nicolas Bouvier (1929-1998), voyageur suisse du 20ème siècle et auteur, était alternativement poète, photographe, iconographe, professeur et journaliste. Avant ses études d’histoire médiévale, de Sanskrit et de droit à l’Université de Genève, dès son enfance, à travers ses multiples lectures, ayant pris le goût d’aller voir ailleurs, il effectue son premier voyage en solitaire en Norvège à 17 ans. Il parcourut ensuite le monde pendant de nombreuse années à travers l’Europe centrale, l’Asie Centrale, l’Inde, le Sri Lanka, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Irlande.

Après un an et demi d’un voyage initiatique en Fiat Topolino avec son ami peintre Thierry Vernet de Genève à l’Asie Centrale, en passant par l’Europe Centrale comme raconté dans le livre culte L’Usage du monde, Nicolas Bouvier échoue seul, malade et épuisé à Cey- lan. Sept longs mois où il frôle la folie, qu’il évoque dans Le Poisson-scorpion (1982). En octobre 1955, il retrouve la force de repartir et d’atteindre un autre bout du monde : il embarque sur un paquebot français des Messageries maritimes qui le mène au Japon. Sans le savoir encore, Nicolas Bouvier sera vite fasciné par les richesses de ce pays « non pas tant mystérieux que mystifiant », comme il le décrivait. Après la Suisse, le Japon fut l’endroit où il vécut le plus longtemps – presque trois ans – et qui l’inspira profondément. Il y fit trois longs séjours : d’abord de 1955 à 1956, seul dans le Tokyo (à Araki-chô) de l’après-guerre, « où la vie était encore frugale et picaresque », survivant en tant que pigiste, photographe et avec d’autres menus travaux ; ensuite de 1964 à 1966, en famille, avec sa femme Éliane et leurs deux tout jeunes fils, Thomas et Manuel, à Kyoto, notamment quelques mois au temple Daitoku-ji, puis à Tokyo (à Nakano), en tant qu’écrivain, photographe et illustrateur, pour écrire son premier Japon (1967), commandé par la maison d’édition suisse Rencontre ; enfin pendant trois mois en 1970, pour travailler au Pavillon suisse de l’Exposition Universelle à Osaka. De ces trois séjours effectués dans des conditions et des époques différentes, Nicolas Bouvier rapporta toute la matière écrite de Chronique Japonaise (1975), autre livre mythique, surtout pour les amoureux du Japon, mais aussi celle du livre Le Vide et le Plein (2004), réunissant des textes inédits tirés de ses carnets écrits au quotidien durant son second séjour.

De ces trois ans de vie au Japon, Nicolas Bouvier ramena aussi plus de dix mille photographies, en noir et blanc et en couleurs, pour beaucoup encore inédites. « Devenu photographe par désespoir et portraitiste par accident », comme il se définissait, il débute avec ses voisins de quartier et se prend vite au jeu des images à travers ses multiples pérégrinations, sillonnant l’archipel du nord au sud, découvrant avec intérêt une multitude de sujets de la culture populaire nippone : portraits en tous genres, épouvantails, série du mur, enseignes peintes, graffitis et lanternes, théâtre Nô, musiciens et saltimbanques (chindon), butoh, sumo, arts martiaux, religion, magie et divination, architecture, ikebana. « L’Extrême-Orient offre un terrain très favorable aux photographes débutants. Non seulement par la var- iété et la beauté des attitudes et des types, mais aussi à cause d’une certaine indulgence ou d’une certaine résignation devant la caméra. Dans l’Asie bouddhique, on n’attache pas trop d’importance à sa propre personne et l’on fait volontiers cadeau de son image au quémandeur étranger », expliquait-il.

Le style photographique comme littéraire de Nicolas Bouvier, allant toujours au devant des autres et du monde, c’est la qualité de son regard toujours libre, c’est aussi cet art unique de saisir sur le vif avec pré- cision et pertinence, comme dans un carnet de notes, des fragments d’éternité au détour d’une simple scène de la vie, c’est bien sûr ce sens de l’humour inimitable. En 1997, un an avant sa disparition, Nicolas Bouvier s’est rendu une dernière fois au Japon avec sa femme, invités à réaliser plusieurs conférences dans diverses villes du pays. « Sa poésie, encore plus que sa prose, est un raccourci de tellement de choses, comme une photo instantanée, très influencée par les haïkus japonais, où je retrouve le mieux l’ambiance de ses voyages », nous confie sa femme Éliane. « Sur les bornes de la rivière, il est écrit que la vie est fumée, j’en ferai ma fumée à moi, allongé au frais dans ce cimetière, entre Ayabé et Miyama, j’ai oublié dix caractères chinois ».

Texte de Christine Cibert avec Éliane Bouvier
DM(HE)
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